Vous avez dit « éco-engagés » ?

Vous avez dit « éco-engagés » ?

Même s’ils ne germent pas à tous les coins de rue, les programmes de construction ou de réhabilitation d’immeubles de bureaux existent bel et bien dans le département. Leur règle d’or commune : l’éco-conception. Exemple sur la zone du Tripode, à l’entrée nord de Poitiers.

Voilà quelques mois déjà que ses 18 000m2 de locaux professionnels, bureaux et cellules commerciales ont transfiguré l’entrée de ville au nord de l’ex-capitale de Poitou-Charentes. Quatre ans seulement après le début de la métamorphose de la zone du Tripode, une vingtaine de bâtiments flambant neufs ou réhabilités de fond en comble sont définitivement sortis de la chrysalide.

Cette ville dans la ville sert aujourd’hui l’exemple d’une adaptation réussie des réalisations immobilières aux besoins et nouvelles exigences des chefs d’entreprise. Quelques grands noms (Groupama, Les Echos Publishing…) y ont fait leur nid. Experts-comptables et autres agences d’intérim (cinq au total) y ont créé une vraie pépinière de talents. Quelque huit cents salariés y ont pris ancrage. Et c’est tout un quartier qui a (re)pris vie. « Ce pôle est à l’image de ce que veulent aujourd’hui une majorité de structures, explique Thierry Minsé, Neris Groupe, promoteur à l’initiative du projet. Des locaux éco-pensés, modulables, disposant d’espaces dédiés au bien-être et à la détente des collaborateurs. Et des bâtiments, aussi, situés dans une zone bien desservie par les réseaux routiers et pas trop éloignée des anciens bureaux, histoire de ne pas trop bouleverser les habitudes. »

“Les grosses entreprises sont longues à se décider, mais une fois la décision prise, tout doit aller très vite.”

A l’origine, le site du Tripode ne devait accueillir qu’un tiers d’activités de bureau. Elles occupent in fine la moitié de la superficie totale. Pour répondre à une demande qui, qu’on se le dise, ne se dément pas. « Ce que l’on constate, poursuit Thierry Minsé, c’est que le marché est porté par les entreprises intermédiaires et les « grosses ». Leur caractéristique, c’est qu’elles sont généralement longues à se décider pour un lieu d’implantation, mais une fois cette décision prise, tout doit aller très vite. Pour les TPE-PME, en revanche, les possibilités de se reloger, sans pour autant s’étendre d’ailleurs, existent, mais elles sont plus limitées. Et hélas très souvent contrariées par le peu de confiance accordé par les organismes de crédit. »

Partagé parfois, modulable souvent

Parmi les critères de choix évoqués, la modularité des locaux est une tendance devenue credo. A l’image du bâtiment aujourd’hui occupé par Les Echos Publishing, les rez-de-chaussée sont souvent dédiés au stationnement mais facilement transformables, au moindre désir d’agrandissement, en bureaux supplémentaires. Et ce à moindre coût !

Et l’éco-conception ? Là encore, Thierry Minsé se veut catégorique. « Quand on fait le choix du regroupement, parfois de la cohabitation, de la mutualisation de moyens, du confort et de la maîtrise assumée des dépenses énergétiques, on fait aussi et surtout le pari des économies d’échelle. Dans la sélection des matériaux comme dans les méthodes de construction, la notion d’éco-engagement est un leitmotiv. Elle l’est aussi dans la limitation des déplacements, la démocratisation des transports doux, l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, et même au choix de départ de ne faire travailler que des artisans locaux, distants de moins de 50km du chantier. »

Et le promoteur de citer en éclairage cet autre exemple de projet particulièrement « éco-engagé » : la réalisation récente, à Loudun, d’un ensemble de bureaux de 1000m2 conçu, à 70%, à partir de matériaux recyclés. Vous avez dit « éco-engagés » ?

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