Une image en trompe-l’œil !

Une image en trompe-l’œil !

On dit les 16-28 ans d'aujourd'hui guidés par la recherche de sens, de flexibilité et d'équilibre entre vies professionnelle et personnelle. Cette obsession du bien-être, valeur-refuge de l'« esprit Z », est-elle vraiment de nature à rebuter dirigeants et managers ? Assurément non. En tout cas moins que les innombrables « défauts » supposément imputés à la Gen Z et qui façonnent une image un brin erronée de cette génération.

Voilà des mois, pour ne pas dire des années, que la « Z » fait le buzz. Essaimant sur la toile analyses de comptoir et e.réputation d’un genre parfois douteux. Alors comme ça, les jeunots des années 2020 seraient des losers invétérés, paresseux, guère pressés d’aller au boulot ? Alors comme ça, ils préféreraient, ces Tanguy 3.0, casser les pieds de papa-maman jusqu’à plus d’âge, plutôt que de gagner de l’argent pour s’offrir un appart ? Pire encore, ils n’auraient ni envie d’engagement, ni même code de l’honneur ? Stop à la logorrhée affabulatrice !

Voilà des mois, pour ne pas dire des années, que la « Z » fait, aussi et surtout, l’objet d’enquêtes des plus sérieuses, sur les motivations exactes de ses ressortissants, leur relation au travail, leur vision du monde qui les entoure. Nous en avons déniché deux,  récentes, qui disent énormément des préjugés et idées reçues qui collent à la peau de nos jeunes actifs ou futurs jeunes actifs. Pleins feux...

Que représente le travail pour la Gen Z ?

« Le prix de l’indépendance et le moyen de gagner sa vie » pour 83% des 5 000 jeunes de 15 à 29 ans interrogés dans le cadre de l’étude menée, en janvier dernier, par Elabe pour le Cercle des Economistes. 83%, ah quand même !

Plus positif encore : selon ce second sondage, réalisé il y a un an par OpinionWay pour le compte de l’ANDRH, Workday et ISG RH(*), ils sont 80% (contre 66% pour la moyenne des salariés) à accorder une note de 7 sur 10 ou plus à leur vie professionnelle. 90% estiment par ailleurs que le poste occupé, la mission remplie et la vie au sein de l’entreprise créent les conditions d’un parfait équilibre avec leur vie personnelle, source du bien-être tant recherché.

Un bien-être privilégié par 52% des personnes interrogées par Elabe et de fait considéré comme un critère d’adhésion incontournable. Constat confirmé par OpinionWay : 90% des sondés refuseraient un emploi, même très bien rémunéré, s’il avait un impact négatif sur leur vie personnelle.

Quelle est sa relation à l’entreprise ?

Pour Elabe, moins de la moitié des sondés (47%) se dit totalement en accord avec le travail en équipe, 42% à l’aise avec les responsabilités, 41% avec la réglementation interne, seulement 36% avec le manager et/ou la hiérarchie. En outre, 6 jeunes actifs sur 10 jugent l’expérience de leur premier poste positive, principalement chez les plus diplômés (68%).

L’étude OpinionWay, elle, nous apprend que trois interlocuteurs sur quatre seraient prêts à intégrer une entreprise n’utilisant pas l’intelligence artificielle, mais que 65% de ces mêmes interlocuteurs considèrent l’innovation technologique comme un vrai critère de choix d’un nouvel emploi.

Pour 76% des jeunes (jusqu’à 80% des diplômés du supérieur), nous rapporte Elabe, « le travail en entreprise est un moyen d’apprendre, de progresser et d’évoluer », pour 75% « une chance de rencontrer des gens et de créer du lien ».

Quelle est sa vision à long terme ?

L’enquête OpinionWay l’affirme : 30% des jeunes interrogés pensent qu’ils auront plus de cinq employeurs au cours de leur carrière, 20% qu’ils n’en auront qu’un ou deux. La Gen Z, explique cette enquête, ne change donc pas de travail tous les deux ans, comme on peut le lire ou l’entendre ici et là. Autre enseignement : 80% des moins de 30 ans sont hyper majoritaires (80%) à vouloir assumer des responsabilités importantes dans l’entreprise. 75% s’imaginent même en position de leadership d’ici cinq ans.

Selon l’enquête Elabe, 74% des jeunes interrogés considèrent le travail comme  « un moyen d’être utile aux autres », à la société en général, confirmant l’idée selon laquelle leurs priorités vont, outre le besoin d’épanouissement personnel, à la recherche de sens collectif. On y revient !

(*) auprès d’un échantillon de 1002 actifs de moins de 30 ans, en entreprises de 50 salariés et plus, diplômés Bac+5 et plus

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