

Bien que confrontée à une conjoncture erratique depuis l’époque Covid, le marché de l’immobilier d’entreprise garde les coudées franches. Autour de Poitiers, l’offre de bureaux, de locaux de commerce et de bâtiments d’activité est pour l’heure suffisamment dense et variée pour satisfaire un maximum de besoins professionnels. La vérité du jour sera-t-elle celle de demain ?
On ne l’a que trop dit, que trop écrit, que trop lu : le positionnement géographique de Poitiers, à tire-d’aile de Paris-l’hégémonique et de Bordeaux-la-rayonnante, fait du chef-lieu de la Vienne une base de développement reconnue et estimée de nombreuses entreprises de ce pays. La disponibilité en bureaux, commerces et autres locaux d’activité y est à l’image de l’offre routière, autoroutière et ferroviaire : suffisamment profuse et de qualité pour s’adapter à tous les besoins et ouverte à tous les projets d’implantation
L’adaptation aux besoins, c’est notamment celle que les dirigeants exigent de leurs futurs entrepôts et sites de production. En la matière, c’est du côté de la Technopole du Futuroscope et de la zone artisanale de Chasseneuil, à un degré moindre de la République, que se sont négociées une majorité d’affaires ces derniers mois. « Depuis 2020, les profils recherchés sont plus réduits en surface, à moins de 500m2 très souvent, ou alors carrément supérieurs à 1000m2, éclaire un fin connaisseur du marché poitevin. Quant à la part de location, à peine plus de 60%, elle se révèle beaucoup moins importante que dans le tertiaire et le commerce, qui capitalisent sur à peine plus de 20% d’achat l’un et l’autre. »
“Le confort thermique, les énergies renouvelables, l’accessibilité et, aussi et surtout, le bien-être au travail des collaborateurs sont des inclinations fortes.”
Trait commun aux trois piliers de l’immobilier d’entreprise : la recherche est souvent longue, la prise de décision d’autant retardée, mais le projet rapidement concrétisé une fois le choix arrêté. « C’est notamment le cas des grosses structures », précise le promoteur Thierry MINSÉ. Lequel aime à dire qu’en matière de bureaux, le choix de la location et/ou de l’acquisition dépend avant tout des prestations offertes par le bien à terme occupé.
« Avec des inclinations fortes pour le confort thermique, les énergies renouvelables, l’accessibilité et, aussi et surtout, le bien-être au travail des collaborateurs. »
Comme les locaux d’activité, l’immobilier de bureaux a ses zones d’implantation préférentielles : le Futuroscope-Chasseneuil et le Pré-Médard-Saint-Benoît en tête, l’hypercentre à leur suite, en réponse à l’offre spécifique de petites surfaces qui s’y déploie au milieu des services de proximité. « Pour les locaux commerciaux, abonde Pierre-Marie MOREAU, L&A Immobilier d’Entreprise, plusieurs quartiers tirent leur épingle du jeu, à l’image du centre-ville, mais aussi de Poitiers-sud et de la République. »
2026 sur de meilleurs rails ?
Fait notoire, les prix, à la location comme à l’achat, oscillent entre stabilité et légère décrue. « Ce qui fait du marché de l’immobilier d’entreprise, notamment du tertiaire, un marché plus attentiste que proactif, illustre l’expert poitevin. Je parle bien d’attentisme, pas d’immobilisme. Car l’espoir demeure qu’en 2026, l’activité connaisse un regain d’énergie. »
Malgré la généralisation du télétravail, qui a freiné les envies d’extension ces cinq dernières années et la perte de confiance des candidats à l’investissement, notamment à l’adresse de leurs financeurs, nombreuses sont en effet les raisons de croire en un avenir meilleur : la baisse progressive, à un niveau redevenu décent, des taux d’intérêt -« même si l’on peut penser qu’on ne reviendra jamais au niveau d’il y a dix ans »-, une plus grande stabilité géopolitique et politique au soutien de la reprise économique, des coûts de construction et d’énergie mieux encadrés, des normes réglementaires mieux respectées, une offre de biens de plus grande qualité… Mais si, mais si ! Regardez bien, la lumière est au bout du chemin.