

Parmi les qualités reconnues de la génération Z, s'affirme une maîtrise éprouvée de l'outil numérique. Un atout essentiel pour convaincre les entreprises de recruter à bon escient sur des postes aux exigences hautement techniques. Confirmation avec Valérie PLAZZI, dirigeante de Saint-Eloi Fougère et S2ED.
Sa longue vie d’entrepreneure a égrené son lot de candidatures et d’entretiens d’embauche. « Sûrement des centaines depuis trente ans », sourit Valérie PLAZZI. Aujourd’hui encore, chez Saint-Eloi Fougère, plomberie, chauffage, ventilation, climatisation et intégration électrique, et S2ED, solutions en énergies renouvelables, les portes du recrutement ne restent jamais très longtemps fermées. « Parce que les besoins de main-d’œuvre qualifiée, sur des postes à haute maîtrise technique et/ou technologique, sont permanents et les bons profils parfois rares ou pas toujours disponibles, éclaire la dirigeante. C’est pourquoi tous les dossiers sont bons à étudier et un maximum de rencontres intéressantes à faire. »
“ Sans consignes, sans échanges, ils peuvent très vite se détourner de leur mission et là, c’est difficile de les retenir. ”
Valérie croise ainsi plus souvent qu’à son tour la route de « jeunots » de la Gen Z. Leur principale qualité ? « Le fait, justement, qu’ils soient tous ou presque à l’aise avec les outils numériques, assume-t-elle. Dans le domaine de l’énergie notamment, ces connaissances sont une précieuse valeur ajoutée. Alors oui, je l’avoue, j’ai souvent tendance à leur faire confiance. »
Et visiblement, ils la lui rendent bien. « On ne dit pas que du positif sur cette génération. Or moi, je les trouve assez droit dans leurs baskets, ces gamins. La seule chose qu’ils demandent, c’est qu’on leur dise les choses, qu’on ne leur cache rien. Ils ont besoin de comprendre ce qu’ils font ou doivent faire et qu’on leur explique. Sans consignes, sans échanges, ils peuvent très vite se détourner de leur mission et là, c’est difficile de les retenir. »
Valérie PLAZZI l’avoue sans ambage : non seulement les « Gen Z » souhaitent qu’on donne du sens à leur travail, mais comme ce sont des gens pressés, ils veulent en plus accéder rapidement à la progression, au développement de leurs compétences. À ce titre, ils sont capables d’endosser très tôt de grandes responsabilités. Et la dirigeante de citer l’exemple de cette jeune recrue, devenue il y a peu conducteur de travaux à moins de 25 ans. « Dès lors qu’on est clair avec eux, qu’on leur fait des retours aussi sincères et objectifs que possible sur leur boulot, qu’on répond, aussi et surtout, à leurs questions, ils sont carrés. Cash et carrés. »
Cash ! Voilà, pour sûr, un autre trait commun aux représentants de la Génération Z. Dans l’exercice de leur métier comme en entretien d’embauche, leur franc parler dit tout de leurs motivations. « J’ai noté que dès la première entrevue, la plupart savaient se mettre en scène, se projeter et poser les bonnes questions, poursuit Valérie. Des tonnes de questions, sur les possibilités de télétravail, les congés paternité aussi. Ils n’hésitent pas à vous dire tout de go : « Je vais être papa, je serai absent à telle date ! » Et vous, vous composez. Ils évoquent aussi le CE, parlent RSE, pour voir si les valeurs de l’entreprise épousent les leurs. Ils sont directs, en effet. Et nous, nous nous devons de l’être tout autant. »
Le management lui-même s’est adapté à ces nouvelles exigences d’ouverture et de transparence. « Mais au final, je trouve que cela fonctionne bien comme ça. » Seul bémol sur la partition : des arrêts-maladie un peu trop nombreux au goût de la patronne. Laquelle fait contre mauvaise fortune bon cœur. « Je veux croire, pour l’expliquer, que c’est parce qu’ils se préoccupent plus que nous de leur santé, actuelle et future. » Des arrêts comme actes de prévention ? Et pourquoi pas !