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Cinq ans après voir fréquenté l’antichambre de l’élite nationale, la section masculine de Grand Poitiers Handball n’a rien perdu de ses ambitions de reconquête. Une nouvelle expérience en N1 fédérale, voire plus haut encore, ne serait effectivement pas pour déplaire à son président et aux fidèles du club.
Au côté de Jean-Marc Mendes, son emblématique prédécesseur à la chaire suprême, il a largement contribué à l’oeuvre de construction du GPHB86. Jusqu’à l’apothéose de la « saison Covid », vécue dans les coursives de la N1 Elite, dite « N1 Fédérale ». Depuis cette courte mais riche expérience et le passage de flambeau à suivre entre les deux présidents, Régis DEBARE maintient le cap de sa détermination. A la barre d’un paquebot de 450 licenciés, le commandant de bord veille sur près de vingt cinq équipes, réparties sur tous les niveaux de pratique et toutes les catégories d’âge, du baby hand aux loisirs. Sa plus grande fierté ? « Etre le seul club de sport co du département, jubile-t-il, à avoir des filières masculine et féminine de haut niveau, des jeunes aux adultes. »
Oublié le temps, après tout pas si lointain, où le PEC/Jaunay-Clan, ancêtre du GPHB86, se déchirait sur le dossier brûlant de l’avenir conjoint ou de la séparation des pouvoirs de ses sections féminine et masculine. « Aujourd’hui, tout se passe bien, tranche Régis. Même si en termes de niveau, les garçons ont pris un train d’avance, le maintien des filles en nationale est un gage de belle santé. Jouer le haut du panier de la N3 chaque année, pourquoi pas le milieu de tableau de N2, est un objectif conforme aux qualités du groupe et aux ambitions du club. »
Du côté des messieurs, le message est quelque peu dissonant. Car on l’a dit, le souvenir de la N1 Fédérale est encore vivace. Ni Régis DEBARE, ni le staff ne veulent l’effacer de la mémoire collective. « Un club vit bien tant qu’il a l’envie et la capacité d’écrire des histoires. Nos trois montées de la dernière décennie ont noirci les plus belles pages de l’aventure Grand Poitiers Handball. Aujourd’hui, le script est moins fourni. Chaque saison depuis cinq ans, nous parvenons à nous maintenir en N1 en progressant de quelques places. Le temps est venu de se réinventer, de raconter cette autre histoire que tout le monde appelle de ses voeux. »
L’ancien assureur sait mieux que quiconque prévenir les risques. Le financier ne lui fait pas peur. « Avec un budget de 450 000€, nous sommes convenablement armés pour la N1. Le gap jusqu’à la N1 Elite ne me paraît pas insurmontable. Avec 60 000€ supplémentaires, nous aurions les coudées franches, j’en suis certain. » Avec qui pour mettre la main au portefeuille ? Les collectivités, à coup sûr. Les partenaires privés, bien évidemment. « Ils sont entre soixante et quatre-vingts aujourd’hui, poursuit Régis DEBARE. Nous voulons croire qu’un retour dans l’antichambre de l’élite saurait conforter leur engouement à nous suivre et qu’il saurait, aussi, en séduire d’autres, créer un nouvel élan, une nouvelle dynamique. »
En enrôlant, l’an passé, Romain GUILLARD, découvreur de talents devant l’Eternel, pour former et diriger un groupe taillé pour demain, car essentiellement composé de jeunes pépites à polir - « cette année encore, nous n’avons recruté que des jeunes à fort potentiel », confirme le président -, le GPHB86 a posé les jalons de sa reconquête. Les premières lignes du scénario ont été couchées sur le papier. DEBARE et les siens se donnent « raisonnablement » - trois ans pour parapher leur oeuvre d’un asservissement des sommets.
C’est le nuage à l’horizon du GPHB86, le caillou dans sa chaussure, la seule entrave qui fasse craindre qu’un retour en N1 Fédérale ne puisse convenablement satisfaire les aficionados.
« La seule limite que l’on ait à notre développement, c’est le terrain de jeu », maugrée le président. Soumis au régime de l’alternance avec le PB86, les Griffons ont pu compter sur six matches de championnat en 2024-2025 à Saint-Eloi et devront encore s’en satisfaire cette saison. Pour les six autres, direction le vieux Bois d’Amour, un site historiquement dédié au hand, mais qui ne dispose que de 500 places assises (pour 450 licenciés, ça fait chiche !) et d’aucun réceptif, contre 1700 fauteuils salle Jean-Pierre Garnier et une vraie et belle capacité d’accueil VIP. L’évidence s’impose qu’un prétendant désigné à la N1 Elite et même à la Pro Ligue ne peut décemment s’épanouir sans domicile fixe. Si une solution existe, il va falloir vite la trouver.