

En 2030, la génération Z, jeunes nés entre 1998 et 2010, représentera 30% de la population active mondiale. Portée par une vision plus « libérale », presque plus « humaniste » du travail, cette « Gen Z » hyperconnectée insuffle un vent de renouveau sur le quotidien des entreprises, contraignant la plupart d'entre elles à reconsidérer les fondements de leur politique managériale.
Que n’a-t-on déjà écrit et que ne lira-t-on encore au sujet de la « Z » ? Sur ses « supposées » réticences à s’engager dans la vie active ? Sur son renoncement, pour le coup régulièrement vanté sur TikTok, à tout donner pour le travail ? Sur ce refus, librement exprimé par vidéos interposées, de sacrifier, comme mère et grand-père, au rite des dépassements d’horaires et des journées à rallonge ?
« Pourquoi partir à 18h15 quand ta journée est censée s’arrêter à 18h ? », a demandé l’autre jour à sa mère notre petite voisine de 19 ans. Parce que c’est comme ça, mademoiselle ! Enfin, c’était comme ça jusqu’à hier. Aujourd’hui est un autre jour, demain le sera encore. Parce que la relation au travail elle-même s’affirme sous un nouveau prisme. Différente de celle entretenue par la génération Y, à des années-lumière du dévouement quasi pénitent de ses devancières. Avec la Gen Z, ce sont les codes qui changent, les envies de plus grande liberté qui s’affirment, l’espoir d’équilibre entre vies professionnelle et personnelle qui se revendique.
Oublions derechef les propos liminaires, par trop caricaturaux d’une « communauté » certes pas toujours pressée de travailler, mais en réalité ouverte à l’enrichissement par l’expérience, à la collaboration, au projet. Toutes les enquêtes d’opinion le montrent, tous les dirigeants le confirment, les 16-28 ans de 2026 ont en commun de toquer à la porte des « laborieux » avec des attentes assumées, qui interrogent leur propre relation au travail, leur future place dans l’entreprise, la nécessité d’un engagement durable, la définition même du mot « carrière »...
Faire confiance à la génération Z, c’est comprendre que la finalité de sa mission est la même que celle des dirigeants et des managers, l’efficience, la productivité, l’innovation (…), mais que les moyens d’atteindre ces objectifs sont différents. Comprendre la Gen Z, c’est accepter le fait qu’elle accorde plus d’importance à des valeurs partagées avec l’entreprise, à la force de son engagement sociétal, environnemental ou solidaire, qu’à la nature même du poste proposé, pour arrêter son choix en entretien d’embauche.
“ Comprendre la génération Z,c’est se convaincre que l’on doit s’intéresser à elle pour l’aider à avancer.”
Comprendre la Gen Z, c’est savoir appréhender l’idée que les jeunes actifs d’aujourd’hui sont capables de placer leur énergie au service d’un métier, d’un poste, d’un projet (…), à la condition que ce métier, ce poste, ce projet leur aient été parfaitement présentés, expliqués, sans fard, sans déviance, sans tricherie, en toute transparence, et que les retours, positifs ou négatifs, sur leur participation à l’effort collectif soient aussi fréquents et sincères que possible... Comprendre la génération Z, c’est, en réalité, se convaincre que l’on doit s’intéresser à elle, l’impliquer toujours, la cajoler parfois, pour l’aider à avancer.
C’est là le rôle des managers 2.0, tout à fois révélateurs de talents et coaches personnalisés, que de savoir challenger, responsabiliser et accompagner par l’échange et le partage. Leur mission s’ils l’acceptent : renforcer l’autonomie et favoriser la montée en compétences. En un mot, donner encore plus de sens à la quête d’une jeunesse somme toute désireuse d’apprendre et finalement des plus attachantes.