

Malgré le constat d’un marché fluctuant mais à équilibre, une demande qui ne se dément pas et des projets de bureaux neufs ou rénovés qui germent ici et là, les spécialistes de l’immobilier d’entreprise n’en démordent pas : l’accès aux crédits est toujours aussi difficile. Les banques s’inscrivent en faux.
Les ergoteurs du premier rang auront beau digresser sur le sujet, nul n’osera affirmer que l’immobilier d’entreprise vit ses heures les plus sombres. « Ce serait trahir la réalité, éclaire un agent de la place, et faire fi de ces périodes, autrement plus sinistres, où la suroffre et la surabondance de biens plombaient les loyers, les prix à la vente et, par ricochet, la rentabilité des opérations. »
Dans la Vienne comme en bon nombre de départements de l’Hexagone, la situation ne semble en rien inextricable. « Les prix se maintiennent et l’offre suffit à satisfaire la demande, insiste le professionnel poitevin. Les investissements sont parfois ralentis, mais pour des raisons purement conjoncturelles : des taux qui redescendent très lentement, une pénurie de certains types de biens, les plus petits notamment, des normes réglementaires de plus en plus contraignantes et un contexte politique, géopolitique et économique, faut-il le préciser, qui n’arrange pas les affaires. »
“La première de nos missions consiste à prévenir le moindre risque d’incapacité à éponger la charge d’emprunt, d‘insolvabilité, de non-rentabilité…”
A cette liste s’ajoute, dans la bouche de l’expert comme dans celle d’une majorité de confrères, une difficulté d’accès aux crédits qui freine l’enthousiasme des candidats à l’investissement et, dans trop de cas encore, assurent les pros, fait même capoter leur projet. « Les banques sont toujours aussi frileuses »,
pérore l’agent immobilier. « Elles ne sont pas frileuses, mais simplement vigilantes à l’accompagnement et la pérennité des entreprises du territoire », lui rétorque Anthony ROBINET, directeur du Centre d’affaires de la Vienne, Crédit Agricole de la Touraine et du Poitou.
Ce dernier l’assure, « il n’est pas dans l’intérêt d’un organisme comme le nôtre de ne pas accompagner les projets de nos clients ». « Toute velléité d’accès à la propriété est une bonne nouvelle, pour l’ancrage des acteurs locaux et le développement du territoire. Nous y sommes toujours sensibles. »
Selon l’expert, c’est la situation économique tendue du moment qui rend la réalisation desdits projets et leur financement difficiles. « La première de nos missions, poursuit-il, et nous la remplissons au mieux des intérêts de nos clients, consiste à prévenir le moindre risque d’incapacité à éponger la charge d’emprunt, d‘insolvabilité, de non-rentabilité… Pour chaque dossier, ces risques existent. Pour chaque dossier donc, prévoyance et vigilance sont des maîtres-mots. »
« Nous avançons côte-à-côte »
Selon le côté du gué où l’on se tient, l’affirmation selon laquelle les banquiers ne prêteraient qu’aux riches deviendrait elle-même « idée reçue ». Anthony Robinet illustre : « Même les plus grosses entreprises, qui ont pourtant l’habitude de s’entourer de nombreux conseils, comptables, notaires, avocats… et s’appuient souvent sur des montages financiers plus complexes, ne sont pas à l’abri de fragilités. Or, ces fragilités-là, seul un audit complet des forces et des faiblesses du dossier et un accompagnement à 360°, en toute transparence, des dirigeants, peuvent les mettre au jour. »
L’essentiel de l’accompagnement des organismes de crédit aujourd’hui repose donc sur l’étude de la structuration même du projet. « Encore une fois, si ce projet doit mettre l’entreprise en difficulté, notre rôle est d’alerter, de mettre en perspective et de conseiller le client à amender ou renoncer, le cas échéant, poursuit Anthony ROBINET. L’étude de viabilité revient à tout considérer, l‘évolution des taux d’intérêt, les coûts de construction, les exigences réglementaires… Il y a quelques années encore, la relation de confiance, indispensable, entre le banquier et l’investisseur, s’exprimait en face-à-face. Aujourd’hui, nous avançons côte-à-côte, en partenaires de confiance. C’est la meilleure image que je puisse donner de l’évolution des rapports entre le prêteur et l’acheteur. »
Partenaire de confiance et agrégateur de financement, ainsi est la banque de 2025. N’en déplaise aux ergoteurs du premier rang.
En 2025, le Crédit Agricole de la Touraine et du Poitou, pour l’accompagnement du territoire
• a réalisé plus de + de 600M€ de financement aux entreprises, collectivités et professionnels, contre 500M€ en 2024.
• porte un global de 12 milliards d’encours de crédit.