

Longtemps distendues, pour ne pas dire évanescentes, les relations entre l’Education nationale et le monde de l’entreprise ont gagné en force et en densité au virage du troisième millénaire. A Poitiers, l‘ensemble scolaire Saint Jacques de Compostelle adapte inlassablement sa carte de formations aux besoins des dirigeants et aux attentes des talents à polir.
Au tableau noir de ses exigences, l’ambition est depuis toujours écrite en lettres majuscules. Voilà vingt-huit ans que le lycée Saint Jacques de Compostelle est sorti de terre. Et presque aussi longtemps qu’il fait de la construction et du renforcement des passerelles entre le monde de l’entreprise et celui de l’école le ciment de ses prérogatives. « Le temps est révolu où ces deux univers s’ignoraient totalement, confirme Isabelle MORIN, responsable communication de l’établissement. L’idée, aujourd’hui, est de travailler conjointement avec les professionnels pour former les nouveaux talents et permettre aux entreprises de se développer. Or, ces futurs collaborateurs, c’est sur les bancs d’une école comme la nôtre qu’on les trouve.. »
“ Démythifier l’entreprise est essentiel pour aider les jeunes à se projeter sereinement sur un avenir professionnel ”
A l’heure où certains secteurs en tension continuent de peiner à trouver chaussure à leur pied -restaurateurs cherchent serveurs désespérément ! -, le vaisseau éducatif de Saint-Eloi croit donc plus que jamais dans les vertus de la coopération et de la mise en commun des intérêts de l’entreprise et des talents en devenir pour « co-construire » l’entreprise de demain et accompagner les jeunes vers l’insertion professionnelle. « Nous n’avons de cesse de multiplier les collaborations avec les réseaux professionnels du territoire, comme le MEDEF et la CPME, confirme Isabelle MORIN, avec des rencontres, des jobdatings, les projets mini-entreprise menés avec EPA et, bien sûr, les immersions en entreprise, en alternance ou via des stages. C’est le meilleur moyen d’aider les jeunes à se confronter aux réalités et aux besoins de ces entreprises, de les démythifier aussi, ce qui est essentiel pour se projeter sereinement sur un avenir professionnel. »
Sans cesse à l’affût des aspirations entrepreneuriales et des besoins d’expertise et de main-d’oeuvre exprimés par les candidats au recrutement, Saint Jacques se fait également un devoir de scruter l’apparition de nouveaux métiers, de nouveaux pions à avancer sur l’échiquier du travail, pour compléter et diversifier sa carte de formations. Cette volonté d’adaptation l’a par exemple conduit à créer, il y a cinq ans à peine, une filière « bien-être & esthétique » qui a rencontré son public. « A l’inverse, insiste la responsable communication, de nombreux secteurs, agroalimentaire, bâtiment,… sont demandeurs de talent formés aux métiers de l’eau. Notre BTS dédié, comme le Bac Pro « procédés de la chimie et de l’eau », sont tellement plébiscités par le monde entrepreneurial que le taux d’insertion est de quasiment 100%. Hélas, il est encore trop peu méconnu des jeunes eux-mêmes et de leurs familles. » D’où la nécessité d’une communication incisive et récurrente pour faire savoir. Si des ados lisent ces lignes…
Saint Jacques propose des formations dans cinq domaines d’activité (« santé-social », « commerce-marketing-relation clients », « gestion-administration-banque », « eau et chimie » et « bienêtre esthétique ») et prépare à plusieurs diplômes (du CAP au Bachelor, en passant par le bac pro, le bac techno et le BTS), en formation initiale, y compris pour adultes, et en alternance. Nouveauté de la rentrée 2025-26 : l’ouverture d’un Bachelor « marketing-communication », en prolongement de l’actuel BTS NDRC. Autre actualité marquante : des modules de formation continue, cette fois-ci dédiés à la diversification des compétences des adultes salariés d’entreprise. Après tout, qui a dit que les nouveaux talents étaient forcément… jeunes ?.